Archives de la Catégorie Deutsches Echo

[Actualité] Le 8 mai…

Le 8 mai, fête de la Victoire, commémore la victoire des Alliés sur l’Allemagne.

Lorsque vous êtes Allemand, vous éprouvez  toujours un  sentiment mitigé lors des manifestations qui rappellent cette époque. Il vous arrive presque d’envier les autres pour leur fierté patriotique ! Vous êtes né après 1945, donc vous bénéficiez de la “grâce d’une naissance tardive” selon Helmut Kohl. Mais comment ne pas porter en soi ce fardeau de culpabilité envers le nazisme, de ces atrocités commises si en même temps vous vous revendiquez  de la philosophie, de la littérature, de la musique,  en somme de la culture allemande ?

Nous, les générations d’après-guerre avons essayé de comprendre ce qui est incompréhensible, de nous renseigner auprès de nos parents ou grand-parents, ces anciens qui sont en train de disparaitre. C’était un dialogue de sourds : Il fallait survivre. Personne n’était responsable, personne ne savait. Et suivait la litanie : vous ne pouvez pas comprendre, avant c’était la misère ; le traité de Versailles était tellement injuste ; si Hitler n’avait pas attaqué le premier, les Rouges nous auraient envahis ; nos soldats n’ont fait que leur devoir ; on n’a fait qu’obéir ; il n’y avait pas les informations comme aujourd’hui ; pourquoi pour nous il y a eu le procès de Nuremberg et pas pour Staline ; le vainqueur a toujours raison etc...Il fallait faire avec.

Heureusement, le pays dans son ensemble a fait un travail remarquable pour affronter son Histoire, surtout depuis une trentaine d’années. Mais il est vrai aussi que l’Allemagne ose maintenant parler de son propre calvaire pendant et après cette période, des bombardements, des viols collectifs, des populations chassées de leurs territoires, de la famine et de tant de morts aussi du côté allemand. Il y a une sorte de réhabilitation du peuple allemand. On constate un renouveau sentiment national, la fierté d’avoir réussi la réunification, une révolution pacifique.

Cette commémoration du 8 mai reste  nécessaire non pas pour exacerber le sentiment de culpabilité mais pour faire œuvre de mémoire.


Der 8.Mai feiert den Sieg der Alliierten über Deutschland.

Als Deutscher betrachtet man diese Gedenkfeiern mit gemischten Gefühlen. Man beneidet fast die anderen um ihren Patriotismus. Man ist nach 1945 geboren, hat also “die Gnade der späten Geburt” – wie Helmut Kohl es ausdrückte. Aber wie könnte man einerseits nicht  die Schuld  der Nazizeit und ihrer Grausamkeiten in sich tragen, wenn man sich zur gleichen Zeit mit der Philosophie,  der Literatur, der Musik, also der deutschen Kultur  verbunden fühlt ?

Wir, die Nachkriegsgenerationen, haben versucht, das Unverständliche zu verstehen, bei unseren Eltern oder Grosseltern nachzufragen, bei diesen Jahrgängen, die bald alle verstorben sind. Es war, als ob man gegen eine Wand sprach. Keiner  war schuldig, keiner wusste Bescheid.  Es galt zu überleben.Und dann immer dasselbe : Ihr könnt das überhaupt nicht verstehen, vorher herrschte schlimmste Not ; der Versailler Vertrag war so ungerecht; wenn Hitler nicht als erster angegriffen hätte, hätte Stalin uns überfallen; die Soldaten haben nur ihre Pflicht getan; wir haben nur Gehorsam geleistet; es gab nicht die Informationen wie heutzutage; warum gab es den Nürnberger Prozess für uns und Stalin wurde nicht bestraft; das Recht ist immer auf  Seiten der Sieger usw. Man musste damit zurechtkommen.

Gottseidank hat das Land in seiner Gesamtheit eine bemerkenswerte  Arbeit geleistet, um zu seiner Geschichte zu stehen, besonders seit dreissig Jahren. Aber Deutschland beginnt auch, über sein eigenes Leiden während und nach dieser Periode zu sprechen,  über die Bombenangriffe, kollektive  Vergewaltigungen, über Vertreibungen der Bevölkerungen aus ihren Gebieten , über Hungersnöten und über so  viele Tote auch auf Seiten der Deutschen. Irgendwie eine Rehabilitation der Deutschen. Es gibt wieder so etwas wie ein Nationalgefühl, ein Stolzsein , die Wiedervereinigung gemeistert zu haben, eine friedliche Revolution.

Dieser 8.Mai muss bleiben, aber nicht um das Schuldgefühl zu verschärfen, sondern als ein Mahnmal der Erinnerung. 


[Actualité] Angela, Nicolas et François… le pacte du désespoir ?

Ça y est, nous y sommes presque ou pas encore ! Encore quelques semaines de campagne électorale, ira, ira pas !

Mais nous ne parlerons ni de politique politicienne ni de nos avis personnels ! Ce n’est pas un blog politique (ni d’aucune spécialité d’ailleurs), nous sommes  juste des observatrices de la vie comme elle va et cette année dans la vie de tous les français il y a les élections présidentielles …

L’appui d’Angela Merkel à la campagne électorale de Sarkozy introduit une nouveauté significative dans une Europe où les politiques sont de plus en plus  liées ; c’est la première fois qu’un chancelier allemand intervient dans la campagne électorale d’un candidat français à l’élection présidentielle. Comment sera vécue cette interférence dans un moment qui est considéré par les Français comme la consultation du peuple souverain, chargé d’un symbole d’indépendance nationale ?

Est- ce vraiment la concrétisation de l’idée d’Europe, est-ce une nouvelle étape dans la marche vers une politique intérieure commune, sans frontières ? Après le traité de l’Elysée entre de Gaulle et Adenauer , après  le “main dans la main” de Kohl et Mitterrand  à Verdun,   maintenant “Merkozy” !

Il y a quelques années une telle idée aurait été impensable. D’abord à cause dee leurs personnalités si différentes : Sarkozy se sentait déconcerté devant cette chancelière si rationnelle, et elle de son côté était irritée par l’hyperactivité nerveuse du président et sa manie de toucher ses interlocuteurs, comme le rappelle  DER SPIEGEL du 6 février et comme nous nous étions amusées à le souligner  ici . Maintenant ils défendent ensemble leur pacte européen. N’oublions pas qu’ils font partie du même courant politique par rapport à leurs prédécesseurs qui eux appartenaient à des partis opposés.

Mais c’était François Hollande qui fut le premier à faire un pas vers  l’Allemagne du moins vers le SPD le parti d’opposition…  En décembre, lors de sa visite il a  proclamé : “Liebe Genossen, ich bin sicher, wir gewinnen zusammen” – Chers camarades, je suis certain, ensemble nous gagnerons !

L’Allemagne a décidément la cote en France, au risque de provoquer une overdose -  on n’aime jamais trop le premier de la classe !

Finalement,  s’agit-il là d’une campagne électorale bien pragmatique plutôt que  d’un idéalisme européen parce que l’un a besoin de l’autre pour s’affirmer à l’intérieur de son pays ? Ne serait ce  qu’une  alliance d’intérêts  communs,   “Un pacte de désespoir” (ein Pakt der Verzweiflung)… comme dit le titre  du DER SPIEGEL  ?

A suivre…

[Mood] La crise de foie et quelques spécificités bien françaises / [Deutsches Echo] Von der crise de foie und anderen französischen Eigenarten

Nous sommes dans une  période de festivités et d’abondance , place à la crise… de foie !

C’est en arrivant en France que j’ai découvert cette  étrange maladie qui n’existe nulle part ailleurs. Avant je ne connaissais que la cirrhose ou le cancer mais pas la crise. Les français, ne sont-ils pas faits comme les autres ???

En fait,  en médecine, on ne connaît pas cette maladie, et pourtant, bizarrement, dans les  pharmacies françaises on trouve  plein de médicaments pour soigner ce foie, ce mal français. Dans les autres pays, on parle plutôt d’indigestion. Il y a deux remèdes à ce mal : au départ ne pas manger trop riche, et si malgré tout on attrape cette “maladie”, se mettre à la diète et attendre que cela se passe.

C’est aussi simple que ça !

Il existe bien d’autres spécificités françaises :

Comme conjuguer le verbe “manger” à table : lors des repas, tout en mangeant, on parle de ce que nous avons mangé la dernière fois et la fois d’avant et même les années précédentes et de ce que nous mangerons la prochaine fois…

Comme cette formule impersonnelle “il faudrait” ou “il n’y a qu’à” pour râler,  toute en se mettant bien à l’écart…

Comme ces fins de lettres “Veuillez agréer, Monsieur, mes sentiments les plus…” ou  ”Je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes sincères salutations…” tellement compliquées et impressionnantes lorsqu’on débarque dans ce pays…mais les multimédias sont en train de rayer tout ça. Vous voyez un mail ou un SMS se terminant ainsi ?…

Comme l’odeur de Javel, symbole de propreté ; j’ai mis du temps à m’habituer …

Comme le défilé du 14 Juillet ! Mais je ne veux pas trop m’étendre là-dessus sinon on  me met dans le même sac que Mme Joly…

Comme bien sûr, les manifs ou les grèves, mais ça c’est encore une autre histoire…

Ceci dit …

Es gibt  aktuell viele Festlichkeiten mit reichhaltigem Essen,   Zeit für die crise de foie. 

Ich habe diese seltsame Krankheit nach meiner Ankunft in Frankreich entdeckt. Es gibt sie nur hier. Vorher kannte ich zwar die Leberzirrhose  und den Leberkrebs, aber keine “Leberkrise”. Sollten die Franzosen etwa anders sein ?

In Wirklichkeit gibt es diese bizarre Krankheit überhaupt nicht in der   Medizin und trotzdem haben  die französischen Apotheken  ein grosses Angebot an Medikamenten, um diese Leber, dieses französische Übel zu heilen. In anderen Ländern würde man eher von einer Magenverstimmung sprechen. Es gibt zwei  Methoden, um dagegen anzugehen : prinzipiell  nicht allzu gehaltvoll essen  und wenn man trotzdem diese “Krankheit” aufschnappt, Diät leben und warten, bis es vorbeigeht. So einfach ist das !

Es gibt noch andere typisch französische Eigenarten :

wie das Verb “essen” zu konjugieren : man sitzt  beim Essen und dann spricht man darüber, was man das letzte Mal gegessen hat, vor dem letzten Mal  oder die Jahre zuvor  und was man beim nächsten Mal essen wird…

wie diese unpersönlichen Verbformen “il faudrait” oder “il n’y a qu’à” um zu meckern, wobei man sich  selbst aber natürlich ausschliesst…

wie diese Schlussformeln  ”Veuillez agréer, Monsieur, mes sentiments les plus…” oder  ”Je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes sincères salutations…” so kompliziert und beeindruckend für einen Neuankömmling…aber die neuen Medien werden diese Formeln auslöschen. Unvorstellbar in einer mail oder einem  SMS !…

wie der Geruch von Chlor, das Symbol für Sauberkeit. Ich habe lange gebraucht, um mich daran zu gewöhnen…

wie die Militärparade am 14.Juli ! Aber ich möchte nicht weiter darauf eingehen,  sonst wirft man mich in den gleichen Topf wie Mme Joly…

wie die Demonstrationen und die Streiks natürlich, aber das wäre noch ein Kapitel für sich selbst…

UND TROTZDEM :

[Lecture] Une soirée-lecture avec Martin Walser

Passer quelques jours dans sa ville natale et assister à une soirée lecture d’un des plus grands écrivains allemands contemporains, ça s’appelle un bon timing ! Non, ce n’était que pur hasard, mais quel bonheur !

Je me suis retrouvée dans un grand  cinéma-théâtre d’avant (le cinéma avec des fauteuils en velours rouges où j’ai vu mes premiers films…) dans cette petite ville de province, mais ville universitaire tout de même,  pour écouter Martin Walser lire des extrait de son dernier livre “Muttersohn“.

Il est né en 1927 et son premier roman “Ehen in Philippsburg “(Quadrille à Philippsburg) paraît en 1957.  Considéré comme l’un des grands auteurs de l’Allemagne contemporaine, il a fait partie du Groupe 47 (avec entre autres Heinrich Böll ou Günter Grass)  qui rassemblait la nouvelle génération des écrivains allemands. Ses livres sont traversés par un regard critique sur la société allemande de l’après-guerre, soumise à la  rentabilité et la performance au détriment  des rapports humains. Il s’intéresse à l’anti-héros et à ses conflits intérieurs ainsi qu’ aux microcosmes petits-bourgeois.

En 1998, il a reçu le prix de la Paix décerné par les libraires allemands. Dans son fameux discours  prononcé à l’église Saint-Paul de Frankfort et qui  provoqua une polémique, Walser affirma que le temps était venu de “tourner la page d’Auschwitz”. Il ne  fallait pas oublier mais, selon lui, la répétition des représentations finissait par faire entrer Auschwitz dans la banalité de la commémoration. Il rejette l’“instrumentalisation de  l’holocauste”  et pose la question : comment faire des camps des musées  qui soient à la hauteur des exigences de la mémoire ? Il préfère le développement d’une conscience individuelle à la mise en scène d’une culpabilité collective.

Ce soir-là dans ma petite ville, ce thème ne fut pas abordé, l’ambiance était plus légère.  Après la lecture, il accepta un petit entretien qu’il pimenta  de sa verve, sa vivacité, ses piques  contre Ratzinger, son humour et son charme souligné par son accent du Sud… Ce fut un moment de plaisir et il est vrai, qu’en France, ce ne sont que les spécialistes et germanistes qui connaissent cet écrivain. Dommage !

[Actualité] Angela et Nicolas, un couple dans la tourmente/ [Deutsches Echo] Angela und Nicolas, ein Paar im Stress

Au début tout les séparait – elle, prussienne, protestante, fille de pasteur, scientifique, réservée, et lui, le latin,  parvenu, expansif.

Lors des premières rencontres on voyait cette différence de “mentalité” : accolade  pour lui et reculade pour elle !

Et puis petit à petit ils ont semblé s’habituer l’un à l’autre, se rapprocher l’un de l’autre, en somme s’apprivoiser.

 Et pourtant, ce mariage de raison, comme de nombreux mariages arrangés, a  résisté à l’usure du temps pendant quelques années, mais va-t-il résister aux turbulences actuelles, car ils sont tous les deux désavoués dans leur pays respectif.

En effet, en ce  moment ils se retrouvent dans une  situation semblable : Angela n’a plus la majorité au Bundesrat (La chambre haute du Parlement allemand, où sont représentés les États régionaux). Nicolas a perdu la sienne au Sénat.

Difficile pour les deux d’obtenir les voix nécessaires pour toute décision. Et pour les deux, la prochaine échéance électorale n’est pas loin.

Si on reproche en France le président bling-bling, les scandales, les réformes intempestives, le chômage, la crise, rien de tel Outre-Rhin : les tailleurs d’Angela n’ont rien d’ostentatoire, pas de valises de présidents africains, commerce extérieur florissant, croissance….Donc même avec une discrétion personnelle et une réussite économique enviée dans le monde entier on ne remporte pas les suffrages des électeurs !

Le couple se trouve dans une grande famille en grande crise, l’Europe. Si ce couple-là doit se séparer, la grande famille éclatera-t-elle ?

Anfangs passten sie überhaupt nicht zusammen – sie, eine Preussin, protestantisch, Tochter eines Pfarrers, Wissenschaftlerin, zurückhaltend  und er, der  überschwängliche Neureiche.

Anfangs konnte man leicht die verschiedenen Mentalitäten sehen : Er wollte sie umarmen und sie wich zurück !

Aber mit der Zeit gewöhnten sie sich aneinander und kamen sich näher.

Diese Vernunftehe, wie so oft bei arrangierten Ehen, hat verschiedene Krisen überstanden; wird sie aber auch die aktuellen Turbulenzen meistern ? Beide haben nämlich im jeweiligen Land einen Teil ihrer politische Legitimität verloren.

Sie befinden sich beide in einer ähnlichen Lage : Angela hat keine Mehrheit mehr im Bundesrat und Nicolas hat sie im Senat verloren.

Für beide ist es äusserst schwierig, die notwendigen Stimmen für jede Entscheidung zu gewinnen. Und die nächsten Wahlen kommen bald !

In Frankreich wirft man dem Präsidenten seine bling bling attitude vor, die Skandale, unangebrachte Reformen, Arbeitslosigkeit, die Krise : nichts von alledem auf der anderen Seite des Rheins : Angela’s Hosenanzüge fallen nicht auf, keine Koffer von afrikanischen Präsidenten, aktiver  Aussenhandel  und Wachstum…Also trotz persönlicher Zurückhaltung und trotz einer von der gesamten Welt beneideten Wirtschaft gelingt es nicht,  Wahlen zu gewinnen !

Das Paar hat eine Familie mit grossen Problemen, nämlich Europa. Sollte sich das Paar trennen,  platzt dann auch die Familie ?


Il y a 50 ans – Le Mur de Berlin / Vor 50 Jahren – Die Berliner Mauer

Le 13 aout 1961 – construction du mur de Berlin

Officiellement 265 morts entre 1961 et 1989

No comment !

13. August 1961 – Berliner Mauerbau

Offiziell 265 Tote zwischen 1962 und 1989

Ohne Kommentar !

“Cousinade” ou “Cousinentreffen”

Il paraît que c’est à la mode aussi bien en France qu’en Allemagne. Signe des temps, recherche des valeurs familiales ou pur sentimentalisme ?

Moi, en tous cas, j’ai fait une cousinade à l’allemande, avec des Ossis et des Wessis ! N’oublions pas que l’Allemagne était partagée en deux, et, comme conséquence directe, les familles aussi se trouvaient séparées. Mon père, du jour au lendemain, ne pouvait plus voir ses sœurs qui s’étaient mariées à quelques kilomètres de leur village natal.

Donc retrouvailles au “Dreiländereck”, l’endroit où les  3 pays, c’est à dire, l’ex-RFA, l’ex-RDA et la République Tchèque avaient une frontière commune.

Parmi les cousins, ceux que l’on connaît, ceux de l’Ouest que l’on voyait lors des fêtes de familles – et les autres, que l’on ne connaissait qu’à travers les photos.

Petit moment d’hésitation, oui, c’est lui, oui, c’est elle ! Il y a  le cousin qui voulant fuir le régime communiste, s’est fait prendre à la frontière et passa ensuite quelques années en prison ! Son métier de physicien, il n’avait plus le droit de l’exercer ; il travaillait à l’usine. Depuis, il a bien rattrapé le temps perdu ; lui et sa femme ont beaucoup voyagé pour profiter de leur nouvelle liberté. Il y a aussi la cousine, professeur de russe. Elle nous raconte que les enfants n’aimaient pas le russe, mais c’était la première langue obligatoire !

Le week-end fut trop court pour effacer les années ; il aurait fallu plus de temps pour se parler davantage, pour écouter les témoignages des uns et des autres.

Nous avons aussi fait une  petite excursion vers la maison natale de mon père, avec un moment d’émotion – mon père aurait été si heureux - et la photo souvenir.

Rendez-vous fut pris pour une autre”cousinade”, pour ne pas se perdre de vue.

Es soll anscheinend grosse Mode sein, in Frankreich wie in Deutschland. Zeiterscheinung, Suche nach familiären Werten oder reiner Sentimentalismus ?

Ich auf jeden Fall habe ein deutsches Cousinentreffen erlebt,  und zwar mit Ossis und Wessis ! Wir haben nicht vergessen, dass Deutschland geteilt war und die Familien dann natürlich auch. Mein Vater konnte so von heute auf morgen seine Schwestern nicht mehr sehen, obwohl sie nur wenige Kilometer vom Heimatdorf verheiratet waren. 

Also Treffpunkt das Dreiländereck an der ehemaligen Grenze der DDR, BRD und der Tschechoslowakei.

Unter den Cousins, bekannte Gesichter, die aus dem Westen, die man bei Familienfesten sah, und die anderen, die man nur von Fotos her kennt.

Anfängliches Zögern, ja, das ist er, ja, das ist sie ! Da ist der Cousin, der in den Westen fliehen wollte, gefangen wurde und mehrere Jahre im Gefängnis verbringen musste ! Er hatte Berufsverbot als Physiker und musste in der Fabrik arbeiten. Aber seither hat er versucht, die verlorene Zeit nachzuholen. Mit seiner Frau hat er die neugewonnene Freiheit ausgenutzt und viele Reisen unternommen. Da ist auch die Cousine, eine Russischlehrerin. Sie erzählt uns, dass die Kinder nicht gerne russisch lernten, es aber Pflichtfach als erste Fremdsprache war !

Das Wochenende genügte nicht, um die vielen Jahre zu überbrücken; wir hätten mehr Zeit gebraucht, um mehr miteinander reden zu können, um unsere Erfahrungen auszutauschen.

Wir besuchten auch das Geburtshaus meines Vaters, doch ein bewegender Augenblick – mein Vater hätte sich sehr gefreut – und dann das Erinnerungsfoto.

Aber es wird ein anderes “Cousinentreffen” geben, der Kontakt soll nicht abbrechen.




Klassentreffen ou réunion d’anciennes élèves

Obwohl man in Frankreich offizielle Feiern doch sehr mag, gibt es keine Abiturfeier, erstaunlich, nicht wahr?  In Frankreich gibt es  auch  kaum Klassentreffen. Aber die Generation Facebook  sucht mittlerweile auch hier, die Kontakte aufrecht zuerhalten.
Wir dagegen, das heisst meine Klasse,  treffen uns alle 5 Jahre, so ganz einfach, ausserhalb der Schule. Im August dieses Jahres findet wieder so ein Treffen statt. Es ist immer ein freudiges Wiedersehen. Die meisten versuchen zu kommen, manchmal klappt es nicht bei allen, nur wenige zeigen kein Interesse.

Zwei sind schon verstorben, unvorstellbar !

Wir waren eine reine Mädchenschule, eine katholische Klosterschule …mit Vorteilen und Nachteilen. Damals hätten wir natürlich gerne ein paar Jungs dabeigehabt, heutzutage finde ich, dass es gar nicht so schlecht war, “unter uns” geblieben zu sein.

Eine von uns hat es nach Griechenland verschlagen, eine andere in die USA, und wir sind zwei, die in Frankreich wohnen. Allzu exotisch sind wir wohl nicht.

Die meisten sind im Lehrberuf tätig – typischer Frauenberuf, nicht wahr ? Es gibt aber auch Ärzte, Zahnärzte, Apotheker, Physiker, Chemiker, Redaktorinnen, also doch eine ziemlich breite Berufsspanne.

Einige haben sich toll herausgemacht : aus den ehemaligen grauen Mäuschen sind selbstbewusste Frauen geworden, andere dagegen sind unscheinbar geblieben.

Naja, und dann das Aussehen : schlank geblieben oder dick geworden, attraktiv geblieben, gepflegt oder leicht vernachlässigt, älter oder jünger aussehend. Was wohl die anderen von mir denken ?

Aber das wichtigste ist doch : mit einigen befindet man sich sofort wieder auf der selben Wellenlänge, man versteht sich einfach. Und wir sitzen bis spät in die Nacht zusammen, reden über alles und nichts, es ist wie früher, wir sind gerne wieder zusammen. Anderen hat man ausser Small talk eigentlich nichts zu sagen; es bleiben nur die Anekdoten  der gemeinsamen Schuljahre.

Danach kommt bei mir immer die Frage auf: wo wäre ich jetzt, wenn ich in Deutschland geblieben wäre? Und wie wäre mein Leben ?


En France, pourtant on aime les cérémonies officielles, il n’y a pas de remise de diplômes après le baccalauréat, étonnant, n’est-ce pas ? Il n’y a pas beaucoup de réunions d’anciens élèves non plus – mais la génération Facebook  essaie elle aussi de maintenir les contacts. 

Ma classe, nous nous réunissons tous les cinq ans, tout simplement, en dehors de l’école. La prochaine fois ce sera au mois d’août. La plupart d’entre nous essaie de venir, quelques unes ont un empêchement,  peu ne s’y intéressent pas. Chaque fois c’est un bon moment.

Deux sont déjà mortes, inimaginable !

C’était un lycée catholique… que des filles, avec ses avantages et ses inconvénients. Bien sûr, on aurait aimé être avec quelques garçons,  mais maintenant je pense que ce n’était pas si mal que ça d’être restées “entre nous”.

Une de nous est partie en Grèce, une autre aux USA et avec une autre nous vivons en France. Il n’y a pas trop d’exotisme.

La plupart sont dans l’enseignement – un métier de femmes, n’est ce pas ? Mais il y a aussi des médecins, des dentistes, des pharmaciennes, une chimiste, une physicienne, une rédactrice, donc un éventail professionnel assez large.

Quelques unes ont bien évolué, de petites souris grises elles sont devenues des femmes sûres d’elles, d’autres par contre sont restées effacées ou le sont devenues.

Et pour le physique : restées minces ou devenues grosses, restées attractives et soignées ou négligées, l’air plus jeunes ou plus vieilles. Et qu’est ce qu’elles pensent de moi ?

Mais le plus important : Avec certaines, on se retrouve tout de suite sur la même longueur d’onde, on se comprend. Et nous restons ensemble très tard dans la nuit, parlons de tout et de rien, comme avant, nous profitons de ce bon moment. Avec d’autres, à part quelques banalités, nous n’avons rien à dire, il ne reste que les anecdotes du temps de notre scolarité.

Alors me vient toujours la question : Où serais-je si j’étais restée en Allemagne et quelle serait ma vie ?

Heidi

Il y des livres d’enfants que l’on oublie et d’autres dont  nous gardons un sentiment de chaleur, d’humanisme et de bien-être. Heidi, le livre de Johanna Spiry (1827-1901) en fait partie.

L’histoire de Heidi, une petite fille suisse, ballotée entre les Alpes suisses et son environnement idyllique et la ville de Francfort en Allemagne, est écrite en période de bouleversement due à l’industrialisation avec comme conséquences, entre autres, l’ appauvrissent de la population, une désertification de la campagne, des changement politiques, donc dans un contexte  pas vraiment idyllique.

Heidi est une petite fille courageuse qui essaie d’ affronter ce nouveau monde de la  grande ville, mais l’éloignement de la nature, l’anonymat et le système d’éducation rigide font qu’elle tombe  malade, qu’elle a le mal du pays.  Elle apprend à lire, donc avance dans son apprentissage, mais ne peut renier ses racines et ses élans du cœur spontanés.

Nous aussi vivons une époque pleine de bouleversements, ce qui était valable avant, ne l’est plus maintenant..mais ce livre nous semble toujours d’actualité , écologiste avant l’heure  :   c’est à travers le regard d’un enfant que nous voyons la beauté et les bienfaits de la nature. Ce bol de lait que Heidi boit chez son Grand-père,  ne correspond-il pas à l’image que nous nous faisons du lait bio?

Peut-être ceci pourrait expliquer le succès de cette histoire à travers le monde, même si les dessins animés japonais sont un peu réducteurs.

En somme, un livre écolo pour enfants qui a marqué plusieurs générations.  D’ailleurs le prénom Heidi, pourtant au départ un diminutif de Adelheid, connut un gros succès après le livre – un peu comme le Brandon ou Kevin de notre époque…. ! Et son côté Kitsch, ne donne-t-il pas un peu de cette chaleur qui entoure notre enfance?

Es gibt Kinderbücher, die wir einfach vergessen und andere, von denen wir wärmelnde, wohltuende   Erinnerungen behalten. Heidi, das Buch von Johanna Spiry (1827-1901) ist eins von ihnen.

Die Geschichte von Heidi, einem kleinen Mädchen aus der Schweiz, hin-und hergeschoben zwischen den idyllischen Schweizer Alpen und der Stadt Frankfurt ist in einer Zeit der Umwälzung entstanden, während der Industrialisierung mit den Konsequenzen der Landflucht, der Verarmung der Bevölkerung und politischen Veränderungen, also nicht gerade in einem idyllischen Umfeld.

Heidi ist ein mutiges Kind, das dieser neuen Welt in der grossen Stadt begegnet, aber die Entfernung weit weg von der Natur, das Anonyme der Stadt und die strenge Erziehung lassen sie krank werden und sie hat Heimweh. Sie lernt lesen, macht also Fortschritte in ihrem Leben, braucht  aber  ihre Wurzeln und ihre herzliche Spontanität.

Auch wir leben in einer Zeit der starken Veränderungen , was vorher galt ist jetzt nicht mehr von Geltung…aber dieses Buch ist immer noch aktuell, ja sogar frühzeitig ökologisch :  mit den  Augen eines Kindes sehen wir die Schönheit und das Wohltun der Natur. Die Tasse Milch, die Heidi bei ihrem Grossvater trinkt, entspricht sie nicht dem Bild, das wir uns von bio-Milch machen?

Vielleicht kommt daher der weltweite Erfolg dieser Geschichte, wenn auch der japanische Zeichentrickfilm etwas eingeschränkt  ist.

Eigentlich also ein  ökologisches Kinderbuch, das schon mehrere Generationen gelesen haben. Übrigens war der Name Heidi, ursprünglich eine Abkürzung von Adelheid, nach der Bucherscheinung “en vogue” – so wie heute Kevin oder Brandon in Frankreich…! Und das Kitschige, spiegelt es nicht gerade die Wärme wieder, die unsere Kindheit umgibt?



Douce nuit, sainte nuit – Stille Nacht, heilige Nacht

Qui ne connaît pas “Douce nuit, sainte nuit“  ou  Stille Nacht, heilige Nacht ?  Ce  célèbre chant de Noël, écrit  par  Joseph Mohr et Franz Xaver Gruber  fut   chanté pour la première fois le 24 décembre  1818 dans l’Église Saint-Nicolas  à Oberndorf, en Autriche.

 

Selon la légende,  l’orgue de l’église se serait trouvé   dans un si mauvais état que les deux créateurs auraient écrit une chanson pour ténor, soprano et basse pour la soirée de Noël.

Mais par quelle magie “Douce nuit” a-t-elle séduit au-delà des clivages sociaux, religieux et culturels, devenant même, à la Noël 1914, l’hymne de l’éphémère fraternisation dans les tranchées de la Première guerre mondiale?

C’est parce que c’est  une magnifique  chanson  d’une merveilleuse simplicité.

Elle  a fait le tour du monde bien  avant la mondialisation.

 

JOYEUX NOËL