Archives de la Catégorie Cogito ergo sum

[Cogito...] Tous artistes ?

La blogosphère et les nouvelles technologies en général permettent à chacun de révéler des dons  ou du moins d’exploiter des hobbies, des goûts que l’on aurait tenus cachés auparavant.

Nous mêmes, bien qu’ayant fait des études universitaires, n’aurions jamais pensé un jour “écrire” et à fortiori publier ces billets d’humeur ; cela était réservé aux vrais journalistes, aux chroniqueurs dûment estampillés par une profession. Et pourtant, depuis deux ans c’est devenu réalité ; la blogomania s’est emparée de nous!

Nous sommes impressionnées par le nombre de blogueurs et blogueuses qui existent maintenant et nous découvrons au fil de la navigation sur Internet tant de talents, qui ne sont donc plus cachés. Même s’il peut paraître étrange de désirer s’exprimer pour un public inconnu, indéfini, plus ou moins fidèle, journalistes, écrivains, photographes amateurs peuvent s’extérioriser et s’adresser à des lecteurs bien réels, et c’est même pour quelques-uns  un exercice de nombrilisme aiguë ; le journal intime d’antan exhibé en public ! Nous  rêvons tous et toutes à la success story de Garance Doré dont le blog compte des milliers de visites quotidiennes et des centaines des commentaires.

C’est aussi un moyen de tisser des liens, même si, au départ, ces liens restent anonymes, superficiels. On peut découvrir d’autres horizons, voyager à travers les récits des autres, échanger des avis et des critiques sur le cinéma, des livres, des restos – ces avis sont parfois bien plus pertinents que les critiques de professionnels – rien ne nous empêche d’approfondir, voire personnaliser ces rapports à plus long terme.

Et puis, n’est-ce pas une belle occupation à domicile ? Nous pensons aux jeunes  parents, à la maison avec de petits enfants, qui veulent échapper à un sentiment d’isolement social, qui troquent leurs casseroles contre la souris. Des personnes d’un certain âge, au lieu de somnoler devant le petit écran, peuvent garder des contacts  et une interactivité.

Si jamais nous décidions d’imprimer tous nos blogs favoris, on aurait des jolis carnets de voyages, des cahiers littéraires ou cinématographiques, des guides gastronomiques, des revues spécialisées en produits de beauté (tous vraiment testés), des catalogues de vêtements présélectionnés et, aussi, tout simplement, des jolis magazines avec un florilège de nos sujets  préférés !

Oui, tous artistes !

[Cogito...] Pénélope ou Médée ?

L’universitaire italienne Giulia Sissa est venue présenter son dernier livre “Sexe et sensualité : la culture érotique des Anciens” dans l’émission de la 5, “La grande librairie”. Elle a mis en parallèle deux types de femmes de l’Antiquité : Pénélope qui attend le retour de l’homme qui est parti et Médée qui se venge de l’homme qui l’a trahie.

 L’auteur a toutefois quelque peu désacralisé le personnage de Pénélope :  celle-ci aurait bien su jouer en s’entourant de jeunes prétendants qu’elle défiait en leur imposant des épreuves, sans pour autant les congédier.

Il n’en reste pas moins qu’en écoutant cette femme passionnante, nous nous sommes posé la question : N’y a-t-il que deux types de femmes : Pénélope  ou Médée, l’une attend et l’autre se venge ?

Nous remarquons au passage que l’excessive Médée a inspiré de nombreuses œuvres littéraires, théâtrales, cinématographiques ou artistiques : Euripide, Sénèque, Corneille, Cherubini jusqu’à Pasolini ou Dario Fo et Lars Von Triers (et bien d’autres) ont tenté d’explorer, d’interpréter voire de réécrire ce mythe de la femme criminelle et victime. La fidèle Pénélope que le fidèle Ulysse retrouve pour le Happy End à Ithaque n’a pas été une source d’inspiration aussi féconde.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est bien connu !

Ces images-là correspondent-elles encore à la femme moderne alors que notre vie a changé ? Les femmes travaillent, s’assument financièrement et sont indépendantes, avec toutes les conséquences que cela entraîne, et elles réagissent différemment aussi lorsque l’homme part. Elles ont d’autres possibilités, d’autres ouvertures, une vie sociale personnelle, d’autres choix que se résigner ou se venger.

La femme actuelle ne se venge-t-elle pas en tournant la page, en vivant sa vie, une autre vie ?

Le phénomène Anne Sinclair n’étonne-t-il pas, et même ne partage-t-il pas les françaises dans leur opinion à son sujet,  justement parce que cette femme riche qui a fait une carrière personnelle prestigieuse joue pour le moment le rôle de la digne Pénélope ? Deviendra -t-elle  Médée un jour  ?

Et vous, êtes vous plutôt Pénélope ou Médée ?

[Cogito...] La traduction et nous…

“Tiens, tu peux me traduire ça ?”

Et là on découvre une plaquette de 4 pages bourrée de mots techniques !

A l’aide ! Help ! Hilfe ! Aiuto ! Jamais je n’y arriverai je ne sais pas ce que ça veut dire ni en français ni dans aucune autre langue ….

Tant que l’on s’est pas trouvé dans cette situation, on ne peut s’imaginer ô combien il est difficile de traduire un texte ! Nous ne parlons pas seulement d’un texte technique qui exige la connaissance d’un vocabulaire bien ciblé. Nous parlons également d’un texte plutôt littéraire qui correspond davantage à nos études et à nous goûts.

On comprend, on a le mot sur le bout de la langue, mais il ne nous vient pas l’esprit. Et le dico nous propose une traduction qui  ne nous plaît pas par simple feeling. Alors on a beau chercher et c’est le vide…

Néanmoins, beaucoup se lancent dans la traduction sans en avoir vraiment la compétence. Combien de fois nous découvrons des brochures multilingues presque illisibles et pourtant traduites par des “professionnels”. Combien de fois nous ne sommes pas d’accord avec les sous-titrages des films. Combien de fois dans la littérature nous sentons qu’une phrase ne rend pas bien l’ambiance ou le trait d’humour. Combien de fois on arrive à reconstituer la phrase d’origine à partir d’une traduction mot à mot – mais si maladroite en français ! Sans parler d’interprétation du texte au lieu de traduction.

Et pourtant comment faire lorsqu’on tombe sur “Gemütlichkeit” ou l’expression “mordi e fuggi” ou encore “the mood” qui n’ont pas une équivalence directe ? Il faut une bonne connaissance des subtilités de la langue et de la mentalité du pays.

La traduction est un véritable travail et nous avons le plus grand respect pour les bonnes traductions – par contre nous détestons le travail approximatif et bâclé.

“Alors tu me le traduis ?” – “Oui, d’accord, mais si tu savais comme c’est difficile!”

[Cogito...] Le trou noir

Connaissez-vous le trou noir? Nous ne parlons pas  du phénomène astrophysique. Non, nous parlons de 24 heures sans téléphone donc  sans Internet aussi.

Notre quartier a vécu une journée “sans”. Plus de téléphone donc. Bon, à notre époque, la plupart des personnes possède un portable, donc on ne s’est pas trouvé complètement coupé du monde.

Mais INTERNET, vous vous voyez sans Internet? C’est inimaginable ! Plus de Google, plus rien. Et surtout, plus de blogs ! Nous ne pouvions plus visiter nos blogs préférés, laisser nos commentaires.

Alors la première pensée ce matin, à peine un œil ouvert, c’était de se précipiter vers notre ordinateur et de constater avec un sourire béat, oui, nous sommes de nouveau connectées ! Eurêka !

Mais ce qui nous fait réfléchir c’est de constater à quel point nous sommes dépendants de cette nouvelle technique. Nous avons perdu l’habitude d’écrire des lettres et même de téléphoner. Le côté indirect, rapide et facile a pris le pas sur les communications classiques. Tout en profitant au maximum de ces nouveaux moyens de communication, essayons de sauvegarder un peu  le langage traditionnel !